Zone de confort : en sortir ou périr ?

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« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles ». Sénèque.

▶ « La zone de confort est un état psychologique dans lequel une personne se sent à l’aise. Dans cette zone, elle peut garder le contrôle tout en éprouvant un faible niveau de stress et d’anxiété. Dès lors, un niveau constant de performance est possible » *

Constamment, nous sommes incités (voir poussés) à en sortir. Cela nous est vendu comme le Saint Graal pour progresser, évoluer, devenir meilleur, plus performant. Ne pas le faire serait synonyme de stagnation, de manque d’ambition, jusqu’à parfois en être culpabilisant. Alors, qu’en est-il vraiment ? Rester dans sa zone de confort nous mène-t’il forcément à une régression voir à notre perte ? 🤔

Sortir de sa zone de confort : opportunité ou menace ?

▶ Les innovations technologiques, les évolutions politiques, réglementaires, humaines ou encore climatiques bousculent nos vies, nos modes de travail, nos organisations, nos modèles familiaux et entrepreneuriaux. Nous perdons alors nos repères, nos croyances et nos habitudes et cherchons par tous les moyens à nous accrocher à ce que nous connaissons et maîtrisons. C’est un reflex de survie !😨 Certes perturbante, cette réalité est pourtant propice à de belles opportunités, si l’on en est acteur. Combien d’entre-nous ont revu leurs priorités personnelles ou professionnelles suite à des bouleversements subis (divorces, licenciement, mutations, maladies…) ? Combien en ont profité pour se développer, personnellement ou professionnellement et changer de vie ou du moins de façon de l’appréhender ? Tout cela en faisant preuve de curiosité, adaptabilité, agilité, et l’acceptation de faire différemment, d’aller vers l’inconnu, mais pas seulement.

▶ La principale difficulté survient lorsque cela est vécu/vendu comme une menace, lorsque l’injonction à faire (sortir de sa zone de confort) ou la nécessité de faire est mise en balance avec un risque inacceptable pour soi : perte d’un emploi, d’une maison ou encore d’une organisation, personnelle ou professionnelle. Les avantages ne sont alors pas visibles ou audiblesce qui accentue l’angoisse et les réticences. Alors comment en percevoir tous les bénéfices 🎁pour oser y aller ?

Plusieurs prérequis sont nécessaires pour avoir une vision optimiste de ces changements, choisis ou non.

  • 💡 D’une part, il faut du sens. Faire différemment doit représenter un avantage immédiat ou futur pour la personne concernée : faire plaisir ou se faire plaisir, se réaliser, se mettre en sécurité, apprendre, améliorer ou conserver son confort, assurer un avenir pour soi ou les siens, ou encore atteindre un objectif que l’on s’est fixé personnellement.
  • 💪D’autre part, il ne faut pas occulter les difficultés, vécues ou anticipées, qui peuvent être bien réelles : techniques (connaissances ou compétences à acquérir), technologiques (utilisation de nouveaux outils), organisationnelles (changement d’horaires, de lieu d’habitation ou de travail, de contexte familial), psychologiques (changement ou perte de repères, de système de valeur). Une fois identifiés, il faut y apporter des réponses, mêmes partielles.
  • 🤝 Enfin, lorsque le changement est subi, il nécessite un soutien, une écoute et un accompagnement dans la démarche, pour en voir de manière objective tout le potentiel.

Pour autant, même avec l’envie d’avancer et de progresser, sortir de sa zone de confort induit obligatoirement une période d’inconfort qui peut être plus ou moins difficile à vivre.

Rester dans sa zone de confort : parfois une nécessité.

▶ Être dans sa zone de confort permet un niveau de performance constant. Sortir de cette zone est un levier d’amélioration et d’augmentation de résultat, avec néanmoins des limites :

🛠 La première est celle de la capacité à faire : a-t’on les moyens de réaliser ce que l’on nous demande (ou ce que l’on s’impose) ? Avons-nous les compétences ou à disposition les formations, les accompagnements ou le coaching nécessaires à leur acquisition ? Sommes-nous capable d’auto-apprentissage sur le sujet ?

⏲ La seconde limite est la notion du temps : aura-t-on le temps nécessaire à l’acquisition des compétences ? A la réalisation du projet ? Pendant combien de temps devrons-nous être dans cette zone d’inconfort ? Nous savons aujourd’hui que le stress chronique est facteur de nombreuses pathologies, physiques et psychologiques, à l’opposé de l’objectif.

✨La dernière limite est celle des ressourcesExtérieures tout d’abord : peut-on être aidé ? Avons-nous les interlocuteurs nécessaires à l’atteinte de l’objectif ? Avons-nous les ressources financières ? Puis intérieures : notre estime de nous-même est-elle suffisante pour nous lancer ou mener à bien la transformation ? Se fait-on suffisamment confiance pour y arriver ? Comment acceptons-nous l’échec ? Parce que sortir de la zone de confort ne veut pas forcément dire réussir. A l’instar de Nelson Mandala, je répondrai :

« Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends. »

Zone de confort et Zone de pouvoir : une incourtournable corelation

▶ Sortir de sa zone de confort est donc pertinent voire indispensable, dans bon nombre de situations. Alors comment éviter en éviter les écueils ? Nous savons que son caractère anxiogène (on parle de « zone de danger »), sur un temps relativement long, peut conduire à une perte de sens, de confiance en soi, voire de burn-out ? Comment lever les freins importants dans les organisations qui doivent accompagner le changement nécessaire à leur progression voire leur survie ?

⚖ Trouver le juste équilibre :

▶ De manière individuelle, je vous soumets 3 questions clés 🗝 à vous poser pour que votre expérience hors de votre zone de confort soit résolument positive :

1.   Quelles sont vos zones de pouvoir et vos ressources disponibles dans votre zone d’inconfort subie ? Identifiez les éléments sur lesquels vous pouvez agir en toute objectivité (votre agenda, vos interlocuteurs, votre production, vos recherches, votre auto-formation…) est essentiel pour trouver votre zone de contrôle. Demandez de l’aide lorsque vous en avez besoin et ne perdez pas votre temps et votre énergie à ruminer ce qui est hors de votre champ d’action, c’est totalement contre-productif !

2.   Quelle peut être votre zone d’inconfort choisie (et non subie) ? Celle sur laquelle vous pouvez agir directement et vous donner les moyens d’atteindre vos propres objectifs (SMART évidemment !). Elle sera source de satisfaction et renforcera vous image de vous-même.👌

3.   Quelle est votre zone de confort habituelle, dans un ou plusieurs domaines de votre vie où vous avez la main. L’idée est de trouver un équilibre entre ce qui vous oblige à évoluer et qui vous demande de l’effort et du stress, et ce qui vous rassure, là où vous avez du pouvoir et où vous pouvez vous ressourcerC’est la clé indispensable pour que la sortie de la zone de confort ne s’apparente pas à l’entrée dans un monde totalement inconnu, qui vous demandera de puiser non-stop dans vos réserves physiques, intellectuelles et émotionnelles. Vous devez pouvoir recharger ces batteries à tout moment, elles vous donneront l’énergie nécessaire au reste.⛽

▶ Si vous êtes dirigeants d’entreprise ou managers, et que vous devez accompagner vos équipes dans les transformations de leur métier ou de votre organisation, veillez à ce que vos collaborateurs puissent trouver également réponses à ces questions, seuls pour ce qui est de la sphère personnelle, avec vous pour ce qui est de la sphère professionnelle dans votre périmètre d’intervention.

✨Enfin, malgré les doutes, n’oubliez pas que les plus grandes satisfactions sont celles qui demandent un effort. Alors investissez votre zone de confort pour vous ressourcer, et allez au-delà pour apprendre et vibrer !

Dans vingt ans vous serez plus déçus par les choses que vous n’avez pas faites que par celles que vous avez faites. Alors sortez des sentiers battus. Mettez les voiles. Explorez. Rêvez. Découvrez. Mark Twain

* Alasdair White, From Comfort Zone to Performance Management : Understanding Development and Performance, White & MacLean Publishing, 1er décembre 2009.

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